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Diagnostic final d’Olivier De Schutter, Rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation : la démocratie et la diversité peuvent rebâtir des systèmes alimentaires défaillants

Diagnostic final d’Olivier De Schutter : la démocratie et la diversité peuvent rebâtir des systèmes alimentaires défaillants
Dans son rapport final au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, au terme de son mandat de six ans en qualité de Rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation, Olivier De Schutter a demandé aujourd’hui que les systèmes alimentaires mondiaux soient fondamentalement repensés sur la base d'une exigence démocratique.

« Des objectifs tels que la fourniture d’une alimentation diversifiée et culturellement acceptable aux communautés, le soutien aux petits exploitants, le maintien des ressources en sols et en eau, et l’amélioration de la sécurité alimentaire dans des zones particulièrement vulnérables ne doivent pas être sacrifiés au profit de la quête unidimensionnelle d’une plus grande production de nourriture, » a-t-il insisté.

Au niveau local, le Rapporteur spécial a appelé les régions à développer leur sécurité alimentaire autour de formes d’agriculture tournées vers les petits exploitants et contribuant à la réduction de la pauvreté rurale. Il a aussi encouragé les villes à prendre en charge la sécurité alimentaire en identifiant les points de tension et en développant un ensemble de canaux d’approvisionnement en denrées alimentaires – notamment en rétablissant le lien avec les producteurs alimentaires locaux.

Ces démarches doivent s’assortir de stratégies nationales et démocratiques sur le droit à l’alimentation. Des conditions internationales favorables sont par ailleurs essentielles, a déclaré le Rapporteur spécial, rappelant à cet égard les efforts prometteurs du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) pour encourager une prise de décision intégrée et appelant les autres organes de gouvernance mondiale à suivre cet exemple.

Le Rapporteur spécial a ajouté que « les tentatives menées par les pays en développement pour améliorer leur sécurité alimentaire ne pourront aboutir que s’il y a des réformes parallèles dans le Nord. Les pays riches doivent refréner leurs revendications grandissantes de terres agricoles mondiales en maîtrisant la demande en alimentation animale et en agrocarburants, et en réduisant les gaspillages alimentaires. »

Le rapport contenait un résumé des recommandations émises au cours de son mandat de Rapporteur spécial (2008-2014), lesquelles recouvrent des thèmes tels que la volatilité des prix alimentaires, le commerce et l’investissement dans l’agriculture, la réglementation de l’agro-industrie, les agrocarburants, l’aide alimentaire et la coopération au développement, la nutrition, la protection sociale, les droits des femmes, les études d'impact des accords de commerce et d'investissement sur les droits de l'homme, les stratégies nationales, les travailleurs agricoles, l’agriculture contractuelle, les petits agriculteurs, l’agroécologie et le réinvestissement dans l’agriculture.

Lire le communiqué de presse.
Lire le rapport.

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