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Le CO2 passe un cap jamais vu à l’échelle humaine

Un seuil psychologique vient d’être franchi. Plusieurs stations de mesure ont enregistré dans l’Arctique des concentrations de 400 parties par millions (ppm) de CO2 dans l’atmosphère.
Avec les activités humaines, la concentration du CO2 dans l'atmosphère augmente de plus en plus vite.

Réduire les émissions de CO2 pour revenir vers ces 350 parties par million synonymes d’impact que notre atmosphère pourrait encore assumer, sans basculement irréversible.

Mais un nouveau cap vient d’être franchi, dans le sens inverse. Plusieurs stations de mesures en Alaska, au Groenland, en Norvège, en Islande mais aussi en Mongolie ont enregistré des pics de concentrations à 400 ppm ou plus. Une première à l’échelle de l’espèce humaine.

De plus en plus vite

A ce stade, la moyenne annuelle reste juste en deçà des 400 ppm. Mais plusieurs climatologues disent leur désarroi dans la presse américaine. «Déprimant», «jalon troublant», «seuil important» sont leurs mots.

Climatologue à l’institut fédéral WSL, Martine Rebetez confirme la dimension symbolique - mais «pas surprenante» - de ces mesures.

«Pendant plusieurs centaines de milliers d’années, la concentration de CO2 a varié entre 180 et 280 ppm. On naviguait entre périodes glaciaires et interglaciaires.»

Avec les activités humaines, et surtout la déforestation et la combustion du pétrole et du charbon, la concentration en CO2 a augmenté. De plus en plus vite. Deux ppm supplémentaires chaque année au moins actuellement.

Ces nouvelles molécules de CO2 représentent les deux-tiers de l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, estime la professeure à l’uni de Neuchâtel.

500 dans trente ans

«Aujourd’hui, on atteint 400 ppm et 500 ppm dans une trentaine d’années. On va continuer comme ça, car on n’est pas en train de prendre les mesures qui arrêteraient le processus.»

Résultat: des températures à la hausse, un régime des pluies modifié, des événements climatiques extrêmes plus nombreux…

Revenir en arrière? Compliqué et pas obligatoirement efficace. En théorie, réduire les émissions maintenant stabiliserait les concentrations de CO2 avant une décrue dans un siècle. La durée de vie de ce gaz dans l’atmosphère est en effet de 100 à 150 ans.

«Mais il n’est pas du tout sûr que les choses se passeraient ainsi, avertit Martine Rebetez. Tout le système climatique est modifié. Et on pourrait avoir lancé un processus qui s’autoalimente.» (Newsnet)

Source: http://www.tdg.ch/savoirs/environnement/co2-cap-jamais-echelle-humaine/s...