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Le symbole du solaire mondial Q-Cells est en faillite

Créé en ex-RDA en 1999, le pionnier des panneaux photovoltaïques en Allemagne dépose son bilan mardi. Confrontée à la baisse des subventions et à la concurrence chinoise, l'entreprise n'a pas su réduire ses coûts.

Pas d'échappatoire pour Q-Cells. La descente aux enfers du leader allemand des panneaux solaires le conduira ce mardi à déposer son bilan.

Cette reddition de l'ancienne star de l'énergie verte allemande est un coup de tonnerre pour tout le secteur. Car Q-Cells est un symbole à plus d'un titre. L'entreprise, créée en 1999, a longtemps fait figure de success-story. En moins de dix ans d'existence, Q-Cells s'était en effet hissée au rang de numéro deux de son secteur, employant plusieurs milliers de personnes. Introduite en Bourse en 2005, l'entreprise a valu jusqu'à près de 10 milliards d'euros, à son plus haut, en 2007. À son sommet, le titre a tutoyé les 80 euros, il est aujourd'hui autour de 0,50 euro.

Q-Cells est aussi un symbole pour l'économie allemande. Celui d'une entreprise née sur les terres de l'ex-RDA, à Bitterfeld. À 160 km au sud de Berlin, elle a érigé ses installations ultramo­dernes dans l'ancienne vallée de la chimie est-allemande, laissée sinistrée et surpolluée après la chute du mur de Berlin. Outre-Rhin, ­Q-Cells a aussi incarné les années Schröder, dont on parle beaucoup ces temps-ci. La coalition formée par le SPD du chancelier de l'époque et les Verts avait à la fois stimulé l'industrie par ses réformes et massivement encouragé les énergies renouvelables en subventionnant le tarif de rachat de l'électricité que l'éolien ou le solaire produisaient. Une politique qui avait rapidement fait de l'Allemagne le premier marché mondial du photovoltaïque.

La belle aventure Q-Cells a commencé à s'infléchir dès 2008, le groupe traversant même une première crise grave en 2009. Après un bref répit en 2010, il a replongé en 2011, pris en étau par la baisse des subventions gouvernementales et l'irruption de panneaux solaires à bas coût venus de Chine.

En pertes de 845 millions d'euros en 2011, pour un chiffre d'affaires de 1 milliard (- 26 %), Q-Cells avait engagé un plan de sauvetage sur deux fronts.
Production délocalisée en Malaisie

Au plan opérationnel, l'entreprise avait massivement délocalisé sa production vers la Malaisie. Elle tentait aussi de sortir «par le haut» de cette crise en misant sur des technologies à plus forte valeur ajoutée (cellules à couche mince) et sur plus de services. Un virage engagé dès 2009, mais qui n'a pas été assez rapide. «Q-Cells fait partie de ces fabricants de panneaux solaires partis trop tôt qui n'ont pas su moderniser leur production à temps ni réduire leurs cooûts»,analyse un financier du secteur. Un plan de restructuration de sa dette, attaqué en justice par certains créanciers, a été mis en échec vendredi dernier, ne laissant d'autre choix à l'ex-emblème de l'énergie verte que de déposer le bilan.

Source: http://www.lefigaro.fr/societes/2012/04/02/20005-20120402ARTFIG00653-q-c...