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Une zone industrielle dévolue aux start-up

La Ville veut requalifier la zone industrielle des Charmilles. Elle sera dédiée aux jeunes pousses financées par une fondation de promotion économique, la Fondetec, et à des entreprises «sociales et solidaires».

Un EcoPôle. Ce n’est ni un nouveau gadget ni le nom d’une zone froide et aride. Plutôt un concept. Un concept qui, comme le pense la Ville de Genève, doit dynamiser la somnolente zone industrielle des Charmilles, adjacente au défunt stade.

Pourront siéger dans cette sorte de fourre-tout les sociétés déjà établies ainsi que des nouveaux venus, c’est-à-dire des start-up de l’économie «classique» et d’autres de l’économie «sociale et solidaire». Trois prestations leur seront proposées: l’accompagnement, sous forme de conseils, l’hébergement et le financement via des prêts.

Un bâtiment de 4200 mètres carrés, largement sous-occupé pour le moment, logera toutes ces entreprises. Au total, cet EcoPôle pourra, selon la Ville, accueillir 300 emplois. Soit le double du nombre actuel. La requalification de cette propriété municipale ne requiert pas un déclassement, chose parfois longue et compliquée.

Mais elle n’est pas non plus pour demain. Dans le meilleur des cas, l’espace pourra accueillir ses locataires à la fin 2010. «Le Département de l’aménagement de Rémy Pagani proposera un crédit d’étude cet automne», explique Sandrine Salerno, conseillère administrative en charge des Finances et du Logement. D’ailleurs, la magistrate ne peut pas encore préciser si le bâtiment sera rénové ou détruit puis reconstruit. A vue de nez, elle évalue le coût des travaux à «une bonne dizaine de millions de francs».

La cote du «microcrédit»

Pour obtenir un atelier ou un bureau, une jeune société à but lucratif devra être adoubée par la Fondetec. Outre les conseils qu’il dispense, l’organe de promotion économique de la Municipalité est l’unique structure du canton à octroyer des crédits qui ne répondent pas aux critères bancaires. «Nous sommes spécialisés dans les prêts à moins de 500?000?francs», fait valoir son directeur, Jérôme Favoulet.

Et après une période de turbulence, cette fondation a la cote. «Le nombre de prêts accordés a augmenté de 45% entre 2006 et 2007», se réjouit Jérôme Favoulet. Depuis sa création, il y a dix ans, la Fondetec a aidé près de 300 entreprises à démarrer, pour un total de 45 millions de crédits. Seuls 12% des prêts n’ont pas été remboursés, faute de résultats probants de la part des bénéficiaires.

Patron mais salarié

Ce succès explique pourquoi Sandrine Salerno a demandé hier soir au Conseil municipal d’approuver une dotation supplémentaire de dix millions à la Fondetec. Le délibératif a renvoyé l’objet devant la Commission des finances.

De son côté, la Chambre de l’économie sociale et solidaire (Après) proposera, dès cet été (soit avant la création de l’EcoPôle), des mesures d’accompagnement pour les sociétés à but non lucratif. L’idée étant de faciliter la reconversion de chômeurs ou d’aider les «jeunes» entrepreneurs. Appuis et conseils leur seront donc prodigués. Particulièrement élevé lors des trois premières années, le risque inhérent à la création d’entreprise, fût-elle sociale, sera en outre réduit. «Pour la première fois en Suisse, le statut d’entrepreneur-salarié, dont le revenu dépend du chiffre d’affaires, sera introduit», explique Thierry Pellet, secrétaire général d’Après.