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Le climat est entre nos mains (2002)

La Terre: une serre

À l’heure actuelle, la Terre est la seule planète connue qui permette le développement de la vie sous ses multiples formes.
L’atmosphère – la couche de gaz qui enveloppe la Terre – contribue pour beaucoup à cette situation exceptionnelle.
C’est elle qui crée les conditions climatiques pour que cette diversité prospère à la surface de la Terre.
Dans ce processus, «l’effet de serre» joue un rôle déterminant.
L’énergie calorifique disponible à la surface de la Terre provient du rayonnement solaire. Quand celui-ci atteint la surface terrestre, il est transformé en chaleur puis renvoyé dans l’atmosphère sous forme de rayonnement infrarouge. En l’absence d’atmosphère, toute l’énergie calorifique s’échapperait dans l’espace et la température sur Terre (–18°C) ne permettrait pas la vie. Or la température moyenne à la surface de
notre planète est de 15°C.
Cet écart de 33°C, décisif pour la vie sur Terre, est dû à l’effet de serre naturel. Comme les vitres d’une serre, l’atmosphère laisse passer la majeure partie de la lumière solaire irradiée, mais elle retient le rayonnement calorifique émanant de la surface terrestre. Les responsables de cet effet sont la vapeur d’eau ainsi que certains gaz présents à l’état de traces, comme le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde
d’azote (N2O) et l’ozone (O3). Ensemble, ces gaz ne représentent pas plus de 1% de l’atmosphère. Mais grâce à eux, un équilibre complexe et fragile entre le rayonnement solaire et le dégagement de chaleur s’établit à l’échelle de la Terre.

L’homme prend les commandes du climat
Depuis le début de l’ère industrielle, soit depuis environ 250 ans, l’humanité renforce l’effet de serre naturel. L’utilisation du charbon, du pétrole et du gaz naturel pour la production industrielle, le chauffage et les transports libère de grandes quantités supplémentaires de CO2 dans l’atmosphère.
La déforestation des régions tropicales, l’agriculture ainsi que l’emploi de gaz synthétiques dans l’industrie contribuent également à augmenter la concentration de gaz à effet de serre dans l’air. Depuis le début de l’industrialisation (1750), la quantité de CO2 dans l’atmosphère a augmenté d’environ un tiers.
La concentration de méthane, qui provient surtout de l’agriculture, a progressé de 150% et a donc plus que doublé. L’analyse de carottes glaciaires de l’Antarctique a montré que l’atmosphère n’avait jamais contenu autant de ces deux gaz durant les 420 derniers millénaires. Ces 20 000 dernières années, l’augmentation de la concentration en CO2 n’a jamais été aussi rapide que durant les dernières décennies.
Une fois libérés, les gaz à effet de serre montent lentement dans l’atmosphère et peuvent rester actifs pendant de longues années. Le CO2, par exemple, persiste pendant 50 à 200 ans.
Les émissions actuelles vont donc agir pendant des décennies, voire pendant des siècles. Le système climatique ne réagit qu’avec un grand retard aux mesures de réduction.
La température monte L’homme modifie la composition de l’atmosphère et cela ne reste pas sans conséquences. Depuis 1970 environ, on observe un réchauffement qui ne peut plus s’expliquer seulement parles variations climatiques naturelles. La dernière décennie du XXe siècle semble avoir été la plus chaude du millénaire passé
et l’année 1998 la plus chaude de cette même période. La température moyenne à l’échelle du globe a augmenté de 0,6°C au cours du siècle dernier. Les modifications peuvent toutefois se répercuter différemment selon les régions. Plus on s’éloigne de l’équateur et de la mer et plus le réchauffement est marqué. En Suisse, l’augmentation de la température au cours du XXe siècle a nettement dépassé les valeurs moyennes :
1,3°C en Suisse alémanique, 1,6°C en Suisse romande et 1,0°C sur le versant sud des Alpes.
Depuis 1970, la température moyenne a augmenté de 1,5°C en Suisse, alors que cette hausse était de 0,5°C à l’échelle de la planète.
Il ne fait quasiment aucun doute aujourd’hui que la forte augmentation des températures globales des dernières décennies est due principalement aux gaz à effet de serre que l’homme émet dans l’atmosphère. Les effets climatiques naturels, tels que les explosions volcaniques et les variations du rayonnement solaire, ne suffisent plus à expliquer les modifications durables de température observées dans la seconde moitié du XXe siècle. Selon l’évolution de l’économie, des technologies et de la démographie mondiale, la température moyenne risque de s’élever encore de 1,4°C à 5,8°C d’ici à la fin du XXIe siècle. A titre de comparaison : un refroidissement
de 5°C suffit à provoquer une période glaciaire.

Informations supplémentaires sous : www.climat-suisse.ch/faq

Source: http://www.bafu.admin.ch/php/modules/shop/files/pdf/phpVhiUbt.pdf